Macaron

Navigateurs Aériens et DENAE

de l'Aéronautique Navale

Pinguin

Claude Bassard

(1931-2018)

1976

Le 15 janvier, nous partons en reconnaissance dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, une dépression tropicale est en cours de formation. A l’île Surprise, les vents sont déjà à près de 100 km/h et avec le radar surpuissant APS 20 du Neptune, nous déterminons bien les contours de la dépression et nous pouvons rendre compte de la situation au COMAR et HAUSSAIRE (l’abréviation militaire du Haut-Commissaire) de la situation.

Le 17 janvier, les 2 C47 et le Neptune, sont déroutés sur BRISBANE pour éviter le cyclone « DAVID ». Mais nous nous trouvons face à un cyclone très vicieux qui change de trajectoire et se dirige sur l’Australie. Le 18,  départ pour Sydney, le 21 nouvelle alerte car il se dirige vers le sud et nous retournons à BRISBANE. Le 22,  tout danger important étant écarté pour la Nouvelle Calédonie, nous rentrons à la TONTOUTA.

En février et en mars nous effectuons de nombreux vols vers l’Île des pins. Nous réalisons entre autres deux missions maritimes pour rechercher des pêcheurs à l’ouest de MARE.
Le C54 est rentré de métropole et nous en sommes heureux.
Le 17 mars, nous programmons un voyage pour SANTO. Pour nous c’est le dépaysement total, l’hôtel est très confortable et le chef cuisinier mérite des éloges. Nous apprécions particulièrement son espadon au beurre blanc, les roussettes (de grosses chauves-souris frugivores) et le soufflé de pommes au GRAND MARNIER.
Le 30 mars, nous faisons une SURMAR avec le C54 au-dessus des Nouvelles-Hébrides et en particulier nous apercevons le volcan en irruption de l’île TANA.

Tana
Volcan Mont Yasur en éruption sur l'île de Tanna

Le mois d’avril est encore agrémenté de nombreux voyages aux Nouvelles-Hébrides et d’allers retours pour la journée sur l’île des pins. Nous avons envoyé Françoise en colonie de vacances pour quinze jours au centre de repos inter-armée, elle est en compagnie des filles du commandant LAPOYADE-DESCHAMPS.

Du 20 au 25 mai, nous partons pour TOWNVILLE, dans le QUEENSLAND. Dans cette ville est positionnée une base de la R.A.F Australienne qui est dotés de P2V7. Dans un cadre d’échange, nous sommes chaleureusement reçus par le commandant de la base et le commandant du « squadron ». L’équipage est invité à participer à diverses manifestations et  repas. La plupart des officiers sont d’origine italienne et parlent un peu le français et cela, fort heureusement,  facilite nos entretiens.
A quelques dizaines de kilomètres de la grande ville, nous partons visiter un petit village de chercheurs d’or. Tous étaient irlandais, écossais et venaient chercher fortune, mais ils trouvaient le plus souvent la mort,  en étant âgés que de vingt à trente ans.

Du 28 mai au 4 juin, je prends une semaine de détente à l’Île des Pins. Nous partons à quatre et nous logeons au centre de repos. Fort heureusement j’ai emporté quelques provisions pour toute la famille car le boulanger a son pétrin en panne et ne peux plus faire de pain et il n’y a rien à l’épicerie. Les menus sont vite composés et consommés et nous profitons de la magnifique plage de sable blanc. Nous louons des bicyclettes et tous les quatre nous réalisons de belles balades. Nous sommes allés en louant les services d’un calédonien, en pirogue sur une île voisine. Jean-Luc revient  avec un crâne humain trouvé caché dans les rochers, je le persuade de le remettre immédiatement en place. Nous sommes surpris par le nombre important de serpents tricots rayés présents dans l’eau et sur terre.

Tana
L’Île des Pins

Un très grand nombre des espèces animales et végétales présentes en Nouvelle-Calédonie sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles n’existent que sur le territoire. Les animaux les plus célèbres sont le cagou, un drôle d’oiseau qui ne sait pas voler, et le tricot rayé, un serpent marin très venimeux mais qui n’est pas dangereux, bien que très venimeux car il n’est pas agressif.

Au retour, il faut laisser la  grosse pirogue sur un fond vaseux, couvert d’algues à environ cinquante mètres du bord. En étant nu pieds, Jean-Luc pousse un hurlement et il sort de l’eau son pied gauche avec un énorme crabe suspendu à un orteil. La vilaine bestiole lâche prise mais Jean-Luc a la chair fortement entaillée. Cela saigne abondamment, je nettoie la plaie au Coca-Cola et fait un pansement avec du papier toilette. De retour au centre l’infirmier pose deux points de suture et Jean-Luc a inventé une nouvelle technique pour pêcher le crabe.

Depuis le 5 janvier, Christian est engagé  dans la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, il a fait deux mois d’instruction à Villeneuve Saint-Georges, puis a été affecté à Montreuil sous-bois, en Seine Saint Denis (93). Deux autres mois de formation se sont passés et il est déclaré apte au service incendie. Il travaille au magasin d’habillement, campement, couchage, ameublement de sa compagnie.

Du  11 juin au 16 juin, nous allons en voyage en Nouvelle Zélande à Auckland, la capitale de l’île nord, je vais découvrir pour la première fois la terre située aux antipodes de la France. Nous avons plusieurs personnalités à bord du C54 dont le COMAR Nouméa et le voyage s’effectue sans problème par un très beau temps. Nous nous sommes équipés d’un maximum d’effets d’hiver car nous sommes en hiver austral et il fait déjà très froid à la latitude de 40° sud.  Nous sommes logés dans un très bon hôtel situé au centre d’Auckland.

Avec le Commandant CONTASSOT et madame, nous décidons de louer une voiture pour partir en excursion à ROTUROA où se trouvent des geysers, sources d’eau chaude, et un village maori.

Nous visitons la région par un froid glacial et nous observons les geysers qui crachent avec périodicité et répandent une vapeur d’eau. Nous couchons au village et le lendemain nous poussons plus au sud. Les paysages sont magnifiques et il y a un très beau soleil. Dans les pâturages il y a encore de nombreux troupeaux de moutons.

En fin d’après-midi je suggère que nous allions voir un coucher de soleil sur la mer de Tasmanie. Nous prenons donc cap plein ouest et nous arrivons vers dix-sept heures dans une petite ville balnéaire, certainement très animée en période estivale, mais aujourd’hui  complètement déserte. Nous trouvons un restaurant où nous pourrons dîner et le patron nous indique une petite villa en location, avec deux chambres, où nous pourrons dormir. La maison est fermée depuis plusieurs mois et il y règne un froid glacial. Nous allumons aussitôt les radiateurs électriques et avec la cuisinière à gaz,  nous allumons tous les feux et le four pour chauffer la pièce.
Au restaurant, la patronne est surprise que nous commandions chacun une douzaine d’huitres et nous dit que nous ne pourrions pas toutes les manger. Quand elle revient avec le plat, effectivement  les huitres sont énormes et elles nous sont servies cuites. C’est très bon.
Pour dormir, heureusement que j’avais un très bon radiateur, en la personne de ma petite femme, car je crois que je n’aurais jamais pu me réchauffer seul dans le lit. Il est inutile de vous dire que le lendemain, la toilette matinale a vite été expédiée dans ce froid polaire…

Le 1er juillet,  c’est la création de la Base Aéronavale TONTOUTA. Encore fictive, cette B.A.N sera aux ordres du capitaine de frégate BEAU, avec comme chef des services généraux l’O.T.2e classe GAVINO. C’est aussi le départ de François GUILLOU et de l’arrivée de l’officier des équipages de 1ère classe DELAURIE accompagné de sa famille. De nombreux officiers mariniers débarquent, et il y a également le départ du capitaine de corvette LAPOYADE, qui est remplacé par le capitaine de corvette ONNO. Tout le monde se serre dans les locaux existants mais exigus et ce sont les « basistes » qui sont chargés de l’avancement et de la surveillance des travaux qui ont commencé de l’autre côté de l’aérodrome.

Inspection

Fin juillet, nous effectuons un vol à Wallis pour transporter le Général COMSUP et son Etat-major. Le voyage se déroule sans problème et le vol fait presque sept heures. A l’arrivée nous sommes accueillis par une garde d’honneur et la musique. Le mécanicien prévient qu’il ne faut pas faire mouvement vers l’arrière de l’appareil tant que la béquille n’est pas mise, et il n’est pas écouté. Dès que la porte est ouverte, nous avons les passagers qui se déplacent vers l’arrière et le poids fait basculer le C54, le nez dans le ciel et la queue sur le parking. Le choc a été fort heureusement léger, le bossoir prévu à cet effet pour protéger le fuselage joue son rôle. Nous demandons aux personnels de réaliser la manœuvre inverse et en douceur, pour retrouver la position  « normale »…

En fin d’après-midi, nous sommes invités à la réception donnée en l’honneur de la visite du général, par l’administrateur des îles Wallis et Futuna. Nous avons deux hôtes de marque avec la présence des deux rois et nous saluons respectueusement leurs majestés. Il y a également le député BRIAL, dont l’épouse est la sœur d’Andrée BAUMIER. Il n’y a pas d’hôtel à Wallis et nous couchons dans une baraque de l’aéroport. Nous cohabitons avec de gros rats et le premier maître BOTTASSO qui a emmené son fusil de chasse fait quelques cartons sur les visiteurs…

Le 30 août, c’est un voyage aux îles TONGA qui est programmé avec le C54. Cette mission est aux ordres du COMAR, et nous emmenons également le commissaire de CHALEIX. Le but de cette mission est d’acheter des objets artisanaux qui seront expédiés à Paris pour la kermesse des œuvres sociales de la Marine Nationale. Le royaume du TONGA est indépendant, mais il est sous la protection de la Nouvelle-Zélande. Les Tongiens sont très accueillants, et leur physique, que ce soit homme ou femme est impressionnant : de vrais colosses. Nous restons deux jours sur place et nous avons le temps de visiter. Nous avions demandé pour l’ensemble de la délégation un spectacle folklorique accompagné d’un repas typiquement local. L’ensemble se déroule dans une grotte au bord de mer et nous laisse un souvenir plein de gentillesse de la part de nos hôtes.

Tonga
Vue panoramique sur l'île de Vavaʻu aux Tonga

La côte nord de l’île est pleine de trous dans les rochers et il y a une multitude de « souffleurs ». Le paysage est magnifique, d’autant plus qu’il y a une forte houle. Juliette et moi revenons enchantés de ce voyage.

Au mois d’octobre, nous allons passer un week-end à NORFOLK, et à la fin du mois j’organise une mission à Tahiti. Nous devons aller chercher l’équipage du bâtiment «  La Bayonnaise » qui est désarmée à Tahiti et le ramener sur Nouméa. Le Commandant ONNO est du voyage comme chef de bord et il me donne un créneau de date. Je lui propose de partir le 29 octobre, le jour anniversaire des quarante ans de Juliette,  qui sera embauchée comme « hôtesse de l’air ».

Le 29 octobre, nous décollons pour PAGO-PAGO, nous ne sommes pas nombreux à bord et nous pouvons sabler le Champagne en entonnant un « HAPPY BIRTHDAY Juliette ! ». Nous faisons huit heures de vol et nous franchissons la ligne de changement de date et nous sommes le 28 octobre. Le soir c’est la fête et nous logeons dans un magnifique hôtel. Le lendemain, c’est le 29 et nous fêtons de nouveau l’anniversaire au Champagne fourni par U.T.A, très bon et pas cher…

Comme il est de coutume à Tahiti, la 12 S nous accueille avec une multitude de colliers de fleurs et nous logeons à IAORANA VILLA. Nous devons rester une semaine à Tahiti et comme nous avons un colis à emmener à des parents d’une amie de Nouméa, nous allons à MOOREA et nous faisons la connaissance de John et Joséphine YVON.

Le commandant ONNO a proposé au C.E.P. de faire le voyage pour une trentaine de personnes vers l’ile de BORA-BORA, et le 4 novembre nous décollons pour une île des plus paradisiaques. Je trouve peu de changement depuis 1967, où nous étions venus en P2V6 tourner un épisode des « Chevaliers du ciel ». Les routes y sont toujours aussi mauvaises et comme seul moyen de locomotion c’est la location de vélos. Les quelques kilomètres à pédaler le long du lagon sont très agréables et à l’hôtel BORA-BORA  nous prenons un bain et déjeunons.

Nous avons prévu le décollage pour le 6, à 23h59. A l’aéroport de FAAA, il y a foule pour le départ de « La Bayonnaise », tous, du commandant au matelot sont couverts de colliers de coquillages ce qui fait du poids supplémentaire. Il n’y  a personne pour enregistrer les bagages et avec l’aide du radio nous pesons tout. Il n’y a pas de douaniers et pas de police de l’air et des frontières. Le commandant ONNO décide néanmoins de décoller à l’heure car nous envisageons de faire le trajet retour dans la journée.

Le décollage se fait à pleine charge, les quatre moteurs Pratt et Whitney de 1450 chevaux donnent à plein régime et la montée à 8 000 pieds est laborieuse. Après avoir bu de nombreuses bières, nos passagers se précipitent vers les toilettes, ce qui casse l’assiette de l’avion. Trop cabré, notre vitesse ascensionnelle est faible et il faut l’intervention calme mais ferme de Juliette pour faire asseoir tout le monde. Elle argumente en leur expliquant que s’ils n’étaient pas sages,  nous resterions un jour à PAGO-PAGO. Par la suite, le vol se déroule bien et je suis très occupé avec la navigation astronomique, au petit jour, nous sommes aux îles SAMOA.
Déjeuner pour tous dans l’aéroport, et le plein de carburant effectué nous redécollons, cap sur la Nouvelle Calédonie. Nous faisons neuf heures de vol et je totalise 17h00 de vol pour la journée, mon record. Je peux vous dire, qu’à son arrivée, le commandant ONNO s’est fait sermonner pour avoir faussé compagnie aux douaniers et policiers au départ de Tahiti…

Je ne vais pas vous raconter en détail notre vie de tous les jours à Nouméa, je résumerai par la scolarité de Françoise qui travaille bien à l’école, Jean-Luc, qui est au collège technique avec une branche électricité automobile, Christian qui est parti du 15 août au 30 octobre en Guadeloupe pour le détachement cataclysme de la Soufrière avec les pompiers de Paris, que nous avons de bonnes nouvelles de la mémé de MERVANS (nous avons toutes les semaines une lettre) et qui doit passer l’hiver au Creusot.

J’ai fait une demande pour bénéficier d’un congé aéronautique du personnel navigant de 5 ans, le compte-rendu part avec des avis très favorables de la hiérarchie, mais je ne me fais pas trop d’illusion.

Le mois de décembre se déroule tranquillement, nous réalisons de nombreux vols avec le C54 pour des liaisons sur WALLIS, APIA (îles SAMOA), PORT VILA les week-ends. Le vendredi c’est la liaison hebdomadaire sur l’île des pins en DC3. En tant que chef des services généraux, j’organise, en autres, un arbre de Noël pour les enfants.

1977

Le 1er janvier 1977, je suis promu Officier Technicien de 1ère classe. Ce grade de capitaine m’amène une solde en augmentation et revalorise de façon importante ma prime d’éloignement. Au retour nous pourrons acquérir un véhicule neuf.

Fin février, nous partons pour Auckland, le C54 connaît la route, mais nous avons des difficultés pour nous loger. Tous les hôtels sont complets car il y a un voyage officiel de sa Majesté la Reine Elisabeth II d’Angleterre. Tous les fidèles sujets de sa majesté veulent manifester leur attachement à la couronne britannique et la ville est très animée. Néanmoins nous réussissons à trouver une pension de famille en plein centre-ville, et avec Juliette nous nous installons.
Il y a foule au passage du cortège royal et j’entrevois la reine qui fait un signe de la main à ses admirateurs, qui applaudissent au passage du cortège officiel.

En mars, nous effectuons deux missions de secours maritime en C54 et P2V7. Nous réalisons douze heures de vol à chaque mission, une le 16 mars 1978 avec le C54 N°48 et la deuxième mission avec le P2H N°687 mais je ne me souviens plus quel en était le motif, certainement important.

Nous recevons la visite du Vice-amiral SCORDINO qui vient en inspection et se rendre compte de l’avancement des travaux de la B.A.N. Je le connais bien car il a été mon premier commandant à la flottille 4F, puis j’ai servi sous ses ordres à Garons. Il visite également les logements des personnels et je l’invite avec son état-major à prendre un rafraichissement dans notre appartement de Magenta. Il trouve l’appartement confortable et il apprécie la climatisation en cette période de chaleur importante.

Le 1er avril, je réalise mon dernier voyage vers l’Île des pins. Un week-end nous allons à PORT-VILA et au retour sur la route de Nouméa, je tombe en panne avec la DS 21. Une durite a lâché et c’est la surchauffe, le joint de culasse est hors service. Fort heureusement je tombe en panne à proximité du restaurant de KATIRAMONA et le second maître mécanicien auto de la base effectue une réparation de fortune. C’est à lui que  je vais vendre la voiture à notre départ.
Les derniers jours sont consacrés à régler toutes les formalités de départ, j’ai un gros cadre et ce ne sont pas les malles qui manquent. Jean-Luc doit terminer son année scolaire et il va prendre pension jusqu’à la fin juillet chez Andrée BAUMIER. Depuis quelques temps nous avons un nouveau pensionnaire, un caniche nain prénommé « MYLORD » très gentil mais aussi capricieux. 

Le 1er mai 1977, deux années après notre arrivée en Nouvelle Calédonie, nous allons regagner la France. Nous avons passé dans ce merveilleux territoire d’outre-mer de bons moments, nous nous sommes faits de nouveaux amis et c’est très  nombreux qu’ils viennent à notre départ à la TONTOUTA. Ce soir-là, nous inaugurons le carré des officiers de la B.A.N. TONTOUTA. Nous comptons parmi nos invités le Commandant BEAU, tous les officiers de l’escadrille, nos voisins de Magenta et bien sûr Andrée BAUMIER à qui nous confions Jean-Luc pour quelques mois. Pour l’occasion, nous avons fait confectionner un magnifique gâteau avec en décoration « Au revoir chers amis ». Nous sablons le champagne et c’est couvert de colliers de coquillages que nous allons en salle d’embarquement. Combien de fois nous nous  sommes présentés dans cette salle pour un voyage d’agrément ou une mission, pour accueillir nos passagers pour embarquer dans le C54 ? Là c’est différent, nous quittons le caillou à bord du DC8 d’U.T.A.

Après une courte escale à NANOI, aux îles FIDJI, nous atterrissons à FAAA. Il fait un temps magnifique et plusieurs copains de la 12 S viennent nous accueillir.

Nous prenons la route de PUNAUUIA où nous prenons nos quartiers à IORANA VILLA. J’avais réservé un faré pour un mois, car j’ai obtenu de l’autorité maritime, d’effectuer un stop-over d’un mois à Tahiti dans la période de mon congé de fin de campagne. Nous voulons profiter de cette région paradisiaque, faire plus ample connaissance avec la culture locale et ses habitants. J’envisage, si j’obtenais un congé aéronautique, d’y retourner vivre quelques années.
Ce mois de vacances à Tahiti est un enchantement, le faré est situé près du lagon et il est très confortable. Il y a quelques jekos  (petits lézards) qui nous bombardent avec leurs excréments, mais ce n’est pas grave, ils sont là pour manger les moustiques. Nous faisons la connaissance de Justine TEPA, une femme de ménage, particulièrement gentille qui nous invite chez elle à PAEA. C’est un peu la cabane « bambou », mais cette femme deviendra quelques années plus tard une de  nos meilleures amies…
Nous allons également passer quelques jours à MOOREA dans la famille YVON. C’est une fois couvert de colliers de coquillages que nous quittons FAAA par un vol DC10 d’U.T.A.

A Los Angeles, nous sommes installés dans le deuxième pont du  BOEING 747 d’Air France et pendant le parcours Los Angeles- Paris, nous fêtons les huit ans de Françoise. Le chef de cabine lui a fait confectionner un gâteau avec huit bougies factices et nous buvons le Champagne.  
Après une courte escale technique à TORONTO, nous atterrissons à ROISSY C.D.G. Christian est en formation à Saint Denis et il peut nous accueillir.

Pendant notre séjour à Paris nous réceptionnons une petite voiture, la 104 SL et nous rendons visite à la famille GUILLOU, visitons le château de Versailles et nous allons chez mon ancien commandant LAPOYADE-DESCHAMPS.
Puis nous prenons la route de la Bourgogne, MERVANS et nous retrouvons la maman BASSARD, nous ne la trouvons pas trop changée. Nous partons ensuite au Creusot passer quelques jours chez les BARDOL.

Revenu dans le Gard, nous retrouvons notre appartement de Nîmes ouest et nous partons dans les Cévennes à SOLPERIERE dans la maison de campagne des NOUGUIER. Nous y recevons Mémé Annette et à la mi-juillet, Jean-Luc rentre de Nouméa où il a terminé son année scolaire au collège technique.

Pendant mon congé de fin de campagne, j’apprends que ma demande de congé du personnel navigant n’a pas été acceptée et que je suis affecté en complément à la flottille 22 F. Comme cette unité est en permission à cent pour cent pour le mois d’août, le commandant LUBRANO me signifie qu’il n’a pas besoin de moi pour l’instant. Je peux retourner en permission dans les Cévennes jusqu’à la fin d’août, quelle aubaine !

La 22 F à la B.A.N. Nîmes Garons

Au retour des vacances je rejoins la 22 F. Je suis embarqué comme COTAC dans l’équipage qui a comme chef de bord l’enseigne de vaisseau de 1ère classe MORVANT. Je deviens également l’adjoint opérations du lieutenant de vaisseau de BENGY. Je ressens une très bonne ambiance au sein de la flottille 22 F, et ma fonction au sol me plait énormément.
Nous nous sommes réinstallés dans notre appartement de Li Becarut, il n’y a pas d’emménagement à faire puisque Christian a assuré le gardiennage de l’appartement pendant ces deux années.

Jean-Luc, qui a 18 ans en septembre, n’a pas pu être admis dans un collège technique en Avignon, il décide de s’engager dans la Marine Nationale. Il prend la route de Saint Mandrier et doit entreprendre une formation d’ELARM (Electronicien d’armes).

En octobre, je demande à deux collègues, RINAUDO et FOULGOC, si je peux venir en mission avec eux à VALKENBOURG près d’AMSTERDAM aux Pays-Bas. Je ne connais pas la Hollande et le commandant me donne son accord. Je suis enchanté de découvrir AMSTERDAM qui est une ville étonnante avec sa multitude de canaux. Je visite la maison d’Anne FRANCK, bien sur la fameuse brasserie HEINEKEN où nous dégustons une excellente bière tant appréciée des marins. Nous partons en excursion dans les polders et nous visitons une serre où l’on cultive de magnifiques orchidées. J’en achète une splendide pour offrir à Juliette.
Pour justifier notre voyage, nous effectuons une SURMAR en Mer du Nord et je suis surpris d’observer les innombrables plateformes pétrolières qui prospectent dans cette région.

En novembre, il y a l’habituel exercice « Iles d’or », nous réalisons deux vols de douze heures en soutien direct de la force navale.
Dans le début du mois, je vais chercher la mémé à MERVANS pour qu’elle passe l’hiver près de nous.

Le mois de décembre est assez calme, nous effectuons quelques navigations tactiques, et j’en profite pour renouveler ma demande de congé du personnel navigant et ce à compter du 1er novembre 1978.  Cette demande est fortement appuyée par les autorités hiérarchiques.

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