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1959
Robert Brand (1956-6)
Robert Brand, navigateur à la 55S d’Agadir, raconte une mission à bord d’un des Lancaster SAR.
Dans la nuit du 27 au 28 mars 1959, alors que j'étais navigateur d’alerte SAR, l’amirauté de Dakar fait appel au Lancaster d’Agadir pour rechercher un thonier, le Pourquoi Pas II, en pêche au large de Dakar et dont on est sans nouvelles. Cette zone n’est pas dans notre secteur habituel, mais les Sunderland de la 27F ne sont plus opérationnels et les P5M-2 Marlin destinés à les remplacer sont en cours de convoyage de Norfolk vers Dakar via le Brésil avec les équipages qualifiés de la 27F.

A Agadir, notre équipage est complet, le décollage pour Dakar-Yoff s’effectuera de nuit sur le Lancaster « O » ; l’avion était déjà paré avec les pleins complets et les chaînes SAR en place dans l’immense soute. Après sept heures de vol, atterrissage à Yoff ; les mécaniciens complètent les pleins et effectuent un contrôle rapide de notre « O » puis briefing avec les autorités compétentes et une dernière précision : un cargo de la compagnie Delmas-Vieljeux, le La Pallice en transit au large, vient de capter plusieurs messages de détresse du thonier permettant de le localiser avec une relative précision dans le sud-ouest du cap Vert à environ 250 nautiques. Décollage de Yoff et mise de cap sur le secteur estimé ; la météo est bonne ; en surface, une houle assez longue mais faible du sud-ouest ne donnant pas trop d’écho de « retour de mer », nous effectuons plusieurs déroutements sur des échos de navires sans résultats. Après une heure trente de vol, notre radariste détecte à l’aide du radar APS-15 un écho faible, dans le 230 à 40 nautiques, qui semble immobile ; légère altération de cap vers cet objectif qui se rapproche. L’observateur avant surveille aux jumelles pour identifier ce bateau qui ne provoque aucun sillage, c’est notre Pourquoi pas II… Descente et procédure classique pour le largage des chaines SAR dont les divers conteneurs sont dotés de vivres, médicaments, etc. Les pilotes larguent l’ensemble à quelques mètres du bord ; les huit hommes d’équipage sont sur le pont et mettent une plate à l’eau pour récupérer l’ensemble. Ensuite contact avec un bâtiment de la Royale, le Tenace, pour lui préciser les coordonnées du thonier qu’il devra remorquer jusqu’à Dakar. Un dernier passage sur le Pourquoi Pas II et mise de cap sur Yoff où nous atterrissons de nuit après six heures de vol.
Nous n’avons pas eu le plaisir de rencontrer les équipages des deux bateaux au moment où ils accostaient à 13h30, le 30 mars, car nous étions en vol entre Dakar et Agadir où nous atterrissions après six heures trente de vol. Le thonier avait été victime d’une rupture de vilebrequin. La une du quotidien « Paris Dakar » du 31 mars 1959 relatait le sauvetage du thonier, et un mousse y déclarait « Avec un quart d’eau et une poignée de riz, nous avions tout juste de quoi ne pas mourir de faim. » Lors du séisme d’Agadir le 29 février 1960, les Lancaster étaient encore présents aux côtés des Languedoc, des SNB-5, des Ju 52 et JRB-4 pour effectuer les premières évacuations sanitaires vers Casablanca, Rabat, et la France.



