Macaron

Navigateurs Aériens et DENAE

de l'Aéronautique Navale

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Yannick Aillet

Un Atlantic de la 24F au secours des Agaléciens (décembre 1983)

GALEGA pour nous, équipage de l’Atlantic Golf de la flottille 24 F, cela ne nous disait rien jusqu'à cette journée de décembre dernier. Or, le cyclone Andry avait sévi sur ces deux îlots perdus dans l'océan Indien à 1200 km au nord-nord-est de l'île Maurice, coupant du reste du monde les trois cent cinquante habitants de ces îles mauriciennes.

Galéga


A 6 h du matin notre Atlantic décolle de la base aérienne de Gillot, à la Réunion, et, au terme de 2 h 30 de vol, apparaît Agaléga. Les dégâts sont importants : des trois villages il ne reste quasiment rien, la plantation de cocotiers est détruite à 80 % et la piste en terre, inondée, est inutilisable par les Transall. Aussi, dans un premier temps, nous faut-il reconnaître, avec l'aide d'un parachutiste embarqué avec nous, les zones possibles de largage en matériel et en hommes — car, pour l'instant, nous ne pouvons que lancer des objets de premier secours. Nous exécutons à cet effet une couverture photo.

Cyclone

Au milieu de toute cette désolation, les habitants s'affairent à rassembler ce qui est récupérable. Ils nous adressent de grands signes et il devient nécessaire d'établir un contact au plus vite. Pour ce faire, nous employons un moyen vieux comme le monde : un message lesté ; il est placé dans une bouteille en plastique d'eau minérale protégée des chocs par des chiffons et dit ceci : « Si vous avez des blessés mettez-vous en ligne sur la plage, si vous avez besoin de vivres et de médicaments mettez-vous en croix au deuxième passage, si vous avez une radio appelez-nous sur 2182 khz. Bonne chance, les secours vont arriver ».
On voit alors les sinistrés se mettre en ligne, puis en croix ; ils ont compris et la promptitude de leurs réactions nous étonne. Nous larguons deux conteneurs de vivres et de médicaments. L'un d'eux contient une balise radio et nous apprendrons, malgré un fort brouillage, qu'il y a une trentaine de blessés dont l'un dans un état grave et, là encore, la rapidité de mise en œuvre de la balise par les îliens nous surprend. Quel courage et quel sang froid.

Galéga

Nous avons fait tout ce que nous avons pu ; après trois heures et demie d'efforts, de coopération, nous nous éloignons en leur souhaitant bon courage.
A 14 h 30, lorsque l'Atlantic se pose à Gillot, il est attendu avec impatience car, là, avant de faire décoller les Transall avec parachutistes et matériel approprié, nos renseignements sont essentiels. Autour de nous c'est l'effervescence, on charge les porteurs, les paras embarquent et, à 16 h, munis des informations nécessaires, ils décollent vers Agaléga.
Cette mission d'assistance du bout du monde a été le fruit d'une coopération interarmées étroite et beaucoup diront que le Breguet Atlantic de la 24 F n'aurait pu trouver meilleure date pour faire escale à la Réunion. Au-delà de notre assistance, les Agaléciens verront leur sort s'améliorer bien vite…

Séparation